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Musique


Dimanche 12 octobre 2008

Roger Waters à Magny-Cours le 14 juillet 2006






Avant de parler de ce concert, je rappelle la disparition récente de Rick Wright, claviériste de Pink Floyd, décédé le 15 septembre 2008, à l'âge de 65 ans.


L'espoir de voir se reformer Pink Floyd étant à présent vain, on peut considérer comme exceptionnel le retour de deux de ses membres sur la scène, le temps d'un concert, plus exactement le temps de rejouer l'intégralité du joyau qu'est The Dark Side of the Moon. Exceptionnel d'entendre et de voir Roger Waters, le leader, la clé de voûte, le pilier, la tête pensante du groupe rejouer avec Nick Mason l'album avec la même force que trente ans auparavant. Exceptionnelles aussi les circonstances : Syd Barrett, membre fondateur du groupe, est mort une semaine avant le concert... Hommage obligé. Ce furent évidemment "Shine on you crazy diamond" et "Wish you were here". Mais reprenons dans l'ordre, sans s'emballer.

Vingt mille personnes sur le site de Magny-Cours en ce 14 juillet 2006. Il fait encore jour et se succèdent tristement les premiers, Tony Joe White et... Laurent Voulzy ! Sous la pluie. Tous parapluies ouverts, nous attendons plus que nous écoutons. Waters n'apparaît pas avant le crépuscule, ou plutôt avant que la lune soit levée. Et Dark Side pas avant la nuit tombée. Etrangement, et comme par magie, la pluie cesse lorsqu'arrive Waters en noir avec ses étincelles, la lumière, le son, les écrans géants... Tout petits, nous sommes minuscules et recroquevillés, encerclés par des colonnes d'enceintes et, pas encore tout à fait prêts, nous nous prenons dans les oreilles "In the flesh" ; direct... Et très vite, "Shine on you crazy diamond" avec les images de Syd Barrett qui défilent sur les écrans géants ; on pleure déjà. Plus on entre dans la musique, plus les lumières nous captivent et plus les images sont saisissantes. Tout cela jusqu'à "Sheep", où le son nous porte dans une autre dimension, crescendo, les bêlements des moutons à droite, les oiseaux à gauche, derrière, on se retourne, les enceintes en jettent de tous les côtés, on est ailleurs, c'est du jamais entendu, est-ce possible ?...
Au milieu de la beauté, du style, de la folie, de l'élégance, du génie, Waters n'oublie pas ses revendications politiques ; il commence par deux titres de The Wall (il terminera par trois du même) et il nous offre beaucoup de morceaux de Pink Floyd dont il est le créateur incontesté. Sur les écrans, on voit Bush, on voit Ben-Laden et il nous transcrit un épisode de son enfance dans une bande-dessinée assez trash...
Encore sous l'enchantement de la perfection sonore, nous voyons enfin la lune, plongés dans le noir total, le silence, les battements de coeur. Waters est là et Mason est apparu. Dark Side, le rêve... Mais Waters ne nous épargne pas, il lance le très expérimental "On the run" : des watts, des watts et des watts !! Nous fixons les images, hypnotisés, pris dans la folie, nous vivons le bad trip, la descente aux enfers, l'agonie, la nausée, les hallucinations, jusqu'à la sonnerie du réveil... Mais nous ne nous réveillons pas vraiment ; nous sommes dans une espèce de schizophrénie qui rappelle justement celle de Syd : "There is someone in my head but it's not me". Nous ne sommes plus nous-mêmes, nous atteignons quelque chose de surréel. Nous ne savons plus si nous devons rire, pleurer, crier, chanter, danser, souffrir, aimer ; notre fibre émotionnelle est bouleversée.
En rappel, Waters met nos nerfs à vif sur "The happiest days of your life", suivi de "Another brick in the wall", justement parce que c'est là qu'on l'attend. L'apothéose, c'est le feu d'artifice qui se matérialise par une pluie d'étincelles et double lancer de flammes à cinquante mètres au-dessus de la scène sur le sommet qu'est "Comfortably numb". A une distance moyenne, c'est comme un coup de soleil (ou un coup de lune ?) et on a les joues en feu.
Le visage rouge des reflets projetés en l'air et les yeux tout alanguis, nous reprenons le chemin du retour
, dans la nuit profonde. Une fumée blanche flotte encore au loin.

La douceur de Pink Floyd, la voix suave de Gilmour, les belles envolées musicales et la perfection surnaturelle qui s'en dégage sont de merveilleux ornements qui dissimulent un univers noir et névrotique. Une bonne part de la puissance de Pink Floyd réside dans ce côté sombre et, la plupart du temps, ce sont les têtes fortes qui l'alimentent. Ce fut Syd Barrett au départ, puis Waters. La personnalité dominante de Waters, à la fois névrosée et géniale, marquée par l'idée de guerre et engagée politiquement, a emmené Pink Floyd sur ces terrains obscurs, mais toujours profondément explorés. En 1985, Pink Floyd abandonné par son leader était privé de sujet de travail, de parolier et de son moteur créatif, particulièrement perfectionniste. Pink Floyd en un mot était amputé de son sens musical. Gilmour a sauvé le groupe en réintégrant Rick Wright qui avait été exclu par Waters en 1980, mais n'a donné qu'un son statique et calculé, ponctué de quelques paroles creuses.
Il suffit de comparer une version de "Comfortably numb" du Pink Floyd actuel avec celle d'un Roger Waters pour comprendre qu'on est bien plus dans l'esprit de Pink Floyd avec Waters seul qu'avec les trois autres rassemblés (écouter In the flesh de Waters et The live bell de Gilmour). Notons aussi que Gilmour chante désormais faux et s'essouffle terriblement, alors que la voix de Waters n'a fait que s'enrichir avec les années. D'ailleurs est-il plaisant de remarquer que physiquement Gilmour ne tient plus la route à côté de Waters... Enfin sont flagrants la platitude incroyable et l'ennui des reprises de Gilmour devant la profondeur, la richesse et l'intelligence des interprétations de Waters...
D'où le caractère exceptionnel de ce concert de Roger Waters qui a donné une version profonde et authentique de Dark Side.
On s'y croit vraiment, c'est comme Pink Floyd en 1973, toute la plénitude sonore y est et c'est peut-être mieux encore... En effet, la crainte de Pink Floyd depuis vingt ans, avec le bras droit en moins, n'est autre que celle du vide.




Roger Waters sur "Careful with that axe, Eugene", 1971








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Samedi 20 septembre 2008
  L'enfant prodige du XIXème siècle


A Vienne, nous connaissons la Hofburg, Schönbrunn, le Prater, le Belvédère, le musée des Beaux-Arts, gigantesques lieux d'art et d'histoire. Si nous affinons un peu notre parcours, nous rencontrons les musiciens : Johann Strauss, Mozart... et, en sortant de la capitale, la petite maison natale de Liszt, à Raiding. C'est déjà toute une épopée de s'y rendre ; en effet, il faut s'attendre à y passer la nuit et ça n'est pas peu dire car le bus qui y emmène ne permet pas d'en revenir... à moins de passer par la Hongrie ! En plus, lorsque aucun Viennois n'est capable de situer le village sur une carte, pas même l'office de Tourisme, et que chaque personne interrogée fait la grimace en répétant le nom inconnu "Raiding ??!", en forçant un peu sur la phonétique, on sait qu'on est déjà hors circuit.
Raiding ( Doborján en hongrois) était au XIXème siècle en Hongrie et appartenait au district de Sopron. Aujourd'hui en Autriche, ce village de 840 habitants est à une centaine de kilomètres de Vienne et à deux cents de Budapest.
C'est en 1811 qu'est né Franz Liszt. Sa maison natale est un lieu emblématique. Sur l'image de Liszt, noble figure, pianiste diabolique et inspirateur de tant d'amours princières, pourrait se calquer celle d'un aristocrate. Mais, dans la campagne hongroise des années 1810, son père est intendant des bergeries du prince Esterházy et sa mère femme de chambre... Comment peut-on croire que toute la force et le mystère du génie de Liszt tiennent dans ces modestes origines ?
La petite maison rénovée n'a rien de spectaculaire. On cherche en vain un signe de richesse, un symbole de noblesse ou un objet attirant le regard. Rien. Nous sommes exactement comme dans un pèlerinage, où la curiosité des yeux est à la recherche d'une résonance intérieure.




Liszt prend ses premières leçons de piano avec son père. Au moment où le savoir du père est dépassé par les progrès étonnants du fils, Adam Liszt est persuadé que Franz a du génie. 
A dix ans, Liszt quitte la maison natale et sa mère pour étudier à Vienne auprès de Czerny et de Salieri, puis à Paris auprès de Paër. A douze ans, il est une curiosité européenne. Mozart est revenu, réincarné sous les traits de cet enfant pâle qui interprète avec une facilité extraordinaire les oeuvres réputées injouables de Moscheles et d'autres. 
A quinze ans, lorsque Liszt s'installe à Paris, son père vient de mourir, il fait venir sa mère restée en Hongrie et entretient le ménage grâce aux leçons qu'il donne déjà à l'aristocratie. La rencontre avec les autres jeunes pianistes et compositeurs de son époque est détonnante. A l'heure où Paris est la capitale européenne de la culture et fourmille de pianistes de toutes les nationalités, ceux-ci rivalisant sans cesse pour s'attirer les faveurs du public parisien, Liszt seul déchiffre les partitions manuscrites les plus complexes à vue sans aucune faute et avec tout le style nécessaire à l'interprétation. Mendelssohn hurle : "Un miracle ! un vrai miracle !", Chopin écrit à son ami  Ferdinand Hiller : "Liszt me transporte hors de mes idées honnêtes. Je voudrais lui voler la manière de rendre mes propres Etudes." Et lorsque Liszt organise un duel pianistique avec son rival le plus sérieux, Thalberg, chez Cristina de Belgiojoso, c'est encore à lui que revient la meilleure part de la victoire : "Thalberg est le premier pianiste du monde, Liszt est le seul."




Si on se replace dans le contexte de l'époque, l'ascension extraordinaire de Liszt tient du miracle et son exécution prodigieuse dépasse carrément l'entendement. Pourtant, c'est bien dans cette modeste maison de fonction que ce talent est né...Tout laisse à penser que Liszt avait une bonne étoile. Etrangement, son année de naissance (octobre 1811) était aussi celle du passage de la Grande Comète. Ma raison se défendrait à coup sûr de rester sur une telle superstition...

Il n'y a rien d'étonnant à voir que Liszt, en tant qu'enfant prodige, a un lien de parenté très fort avec Mozart. Si Mozart est l'auteur d'un premier opéra à l'âge de onze ans, Liszt pour sa part en compose un à douze ; et c'est à quinze ans que Liszt écrit les esquisses de ce qui deviendra plus tard rien de moins que les Etudes d'exécution transcendante.
Mais tout est dû au père. Adam Liszt, avant de s'installer à Raiding, a sous l'autorité du prince des fonctions qui font appel à son talent de musicien. En tant qu'amateur, il est passionné. La dépression le gagne le jour où il se retrouve intendant des bergeries à Raiding, loin de toute vie culturelle et artistique. Il faut donc comprendre son engouement au moment où il entend son fils de cinq ans chanter avec une parfaite justesse la mélodie d'un concerto de Ries qu'il joue lui-même au piano. C'est pour lui l'occasion de sortir de son enfermement. En Liszt il place donc tous les espoirs de succès et se relève de sa dépression. La réussite précoce du jeune Liszt se comprend dans la persévérance et le talent d'un père à tout mettre en oeuvre pour donner à son fils les meilleurs enseignements possibles auprès des plus grands maîtres, au détriment de l'équilibre financier et familial. C'est aussi en cela que Liszt rejoint Mozart. Comme lui, le jeune Mozart était parti en tournée avec son père (employé du prince-archevêque Schrattenbach) et avait ravi l'Europe. Au cours des tournées européennes, le père de Liszt est licencié de ses fonctions auprès du prince Esterházy qui lui a accordé un congé et une bourse d'études à condition qu'il reprenne son travail au bout d'un an (ce qu'il n'a pas fait). Le père étant donc sans emploi, après avoir sacrifié beaucoup pour les études de son fils, ce sont les dix doigts de Liszt qui vont financer à eux seuls tous les déplacements et entretenir le foyer.
La survie de la famille repose donc sur le génie du fils prodige...
Et pour cause, qui d'autre peut, à quinze ans, "envoyer se rasseoir Hummel et Moscheles" ?


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Lundi 5 mai 2008
Grand Théâtre de Dijon, du 24 au 29 avril 2008.
Opéra en 2 actes de Wolfgang Amadeus Mozart, livret de Lorenzo Da Ponte (1787).


Compte tenu de la floraison de salles à l'acoustique extraordinaire et dotées de sièges design, la disposition du Grand Théâtre de Dijon, à l'italienne, ne laissera pas d'indisposer les spectateurs, surtout lorsque l'oeuvre en question est un opéra de trois heures. On en ressort avec un mal de dos ou un mauvais torticoli. A l'heure actuelle, habitué au confort de ses écrans plats et de ses couettes domestiques, on n'est pas vraiment disposé à succomber au charme des loges décorées de rideaux et meublées de fauteuils de velours bleu (dont j'ai su profiter), depuis lesquelles on jouit d'une parfaite visibilité sur le public mais d'une absolument ridicule sur la scène. Mais pourquoi avoir construit une salle aussi mal fichue ? se demandera-t-on.  Les habitudes d'écoute et de distraction ont bien changé. Tandis qu'aujourd'hui on va au théâtre écouter de la musique en silence en supportant assez mal les bruits de ses voisins, on y venait il y a un siècle et demi avant tout pour se distraire, et il était hors de question de rester cloué sur sa chaise. Les loges étaient de vrais cabinets de réception où l'on battait des cartes et de l'éventail, où les lorgnettes se braquaient sur les têtes voisines et où l'on entretenait des conversations mondaines, pour peu que l'on fût suffisamment fortuné pour se le permettre. De temps en temps, l'on jetait un oeil sur les chanteurs et les musiciens, mais l'on criait beaucoup en frappant des mains. Comme l'on jasait de loge en loge, il aurait donc été peu commode que la disposition de la salle ne permît que de suivre le spectacle.
Inconfortablement installé dans une loge de privilège, nous acceptons donc le torticoli.
L'opéra le plus noir de Mozart dénote assez de la joie de vivre qu'on associe habituellement au compositeur. Don Giovanni démarre en ré mineur, et c'est la tonalité de la mort chez Mozart (tonalité du Requiem bien sûr). L'oeuvre commence par deux accords tragiques et par deux drames : un viol et un meurtre... Charmant décor. Celui-ci est blanc et sobre, constitué d'une centaine de tableaux représentant des portraits de femmes, innombrables maîtresses de Don Juan qui se fait, par la même occasion, amateur d'oeuvres d'art. Au milieu de cet atelier voué à l'art de la conquête, si l'on peut dire, une femme en chemise, Donna Anna, se couche au sol, quasi somnambule. Don Juan surgit en assaillant séducteur et l'acte est consommé sous nos yeux, pendant que Leporello s'occupe à la remise en cause de sa condition de valet. Suit immédiatement l'assassinat du Commandeur
, père d'Anna, venu venger sa fille de l'outrage qui lui a été fait. "Bravo ! Voilà deux beaux exploits : forcer la fille et occire le père !", s'exclame Leporello.
"On ne joue pas un rôle, on joue un mythe", affirme Christophe Lacassagne, Don Juan très convaincant dans son jeu théâtral. La difficulté est d'oublier qu'il est question d'un mythe, continue-t-il. C'est sans doute ce qui explique en partie la sobriété des costumes et des décors ; il s'agit en effet de laisser la possibilité au spectateur d'imaginer en lui-même une représentation plus riche et personnelle, car le mythe supporte mal l'excentricité. Libre au spectateur d'ajouter de la couleur au blanc neutre des costumes et des décors. Cette façon d'envisager la scène arrange bien la volonté d'économie, présente maintenant dans toutes les productions modernes (malgré tout, les gestes sont exubérants lorsqu'il le faut, car Don Juan est tout en appétit et en excès ; en résulte un bel équilibre). Mais si l'économie des décors est éloquente dans le contexte du mythe et de la modernité, l'économie de la beauté, elle, l'est beaucoup moins ; en effet, les voix féminines, peu élégantes et peu justes, contrairement aux voix d'hommes, n'ont que le mérite de leur puissance et de leurs médailles.





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Mardi 25 mars 2008
Macbeth de Giuseppe Verdi à l'Auditorium de Dijon, mars 2008.
Opéra en quatre actes de 1847.



Dès les premières notes, on est saisi par la folie, plongé au coeur d'une tragédie qui nous apprend beaucoup sur la maladie du pouvoir. Macbeth veut être roi et son obsession relève de la pathologie. Pour accéder au pouvoir, il tue et son crime le hante.
Une atmosphère macabre du début à la fin avec la prééminence du noir dans les costumes et dans les décors. Quels décors ? Il n'y a pas de décors. Un fond noir et c'est tout. Une ronde de pics géométriques émergeant du sol, menaçants, de toute évidence symboliques à plus d'un niveau : images du fer, symboles du crime et brochettes de cadavres alignés représentant l'esprit des morts invoqués par les sorcières. De quoi frémir. Les costumes sont noirs, façon cuir médiéval, les têtes recouvertes de coiffes noires, les lèvres noires, les joues blanches, les yeux creux. Tout le monde est cadavérique. Un cauchemar.
Souvent le sang violente la scène en noir et blanc : la couleur n'apparaît que pour souiller les corps et faire éclater la menace. Le rouge est sur les mains, sur les cadavres, sur les armes, il salit et s'allie avec le noir et gicle sur les visages blafards, sur les peaux claires, sur les linges blancs, dans une effroyable esthétique gothique. Point de blancheur qui ne soit souillée par le sang ou noircie par la psychose. Les corps sont immobiles, comme des fantômes, les figures sont décomposées.
Le désir de pouvoir mène à l'obsession, l'obsession au crime, le crime au délire et le délire à la mort. Les yeux de Macbeth et de sa Lady ne brûlent que de la folie meurtrière et autodestructrice qui les habite.
C'est un cercle vicieux, une ronde infernale d'oracles et de prédictions où dansent ensemble les cadavres et les vivants, avec, pointant en eux, le fer ou la démence.

 


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