Désert de Le Clézio

Publié le par Lou

Nous voici dans le désert, hors du temps, hors des villes historiques. Nous sommes au contact d'un peuple, d'une humanité, celle qui vit dans le désert, la seule qui puisse y survivre, au rythme du soleil et de la mer, avec une vision majestueuse, sans rien qui puisse séparer le ciel de la terre. Et lorsqu'il n'existe pas d'espace créé par les hommes entre ces deux parties de l'univers, on en revient aux fondamentaux de l'humain et soudain, les sensations qu'on n'écoutait plus sont décuplées : une odeur, la force du vent, l'eau qui ruisselle le long du corps, un cri, le soleil qui brûle la peau... On apprend à retrouver le goût des sensations, en pleine liberté.
Chaque personnage cultive en lui la religion de ses ancêtres qui vivaient eux aussi sous les lois du désert. La terre promise est leur combat, leur but, leur foi, et ils avancent toujours, portés par la sagesse.
Désert est par ailleurs un livre sur la violence de la ville. Au désert s'oppose la froideur âpre et stérile de la ville, lieu du non-sens. Aux lois sacrées du désert s'opposent les codes grossiers de la société urbaine... Mais l'image caricaturée de la ville est là pour sublimer la pureté intérieure des
hommes du désert.
Pour une fois, au cours de ma lecture, j'ai oublié l'auteur, le contexte d'écriture, l'année de publication et tout ce qui fait qu'un livre s'inscrit dans une histoire littéraire. Je me suis laissée porter jusqu'au dépaysement complet. Ce roman invite à un oubli total de ce qu'on est et surtout de sa façon de vivre, à la recherche de l'essentiel.

Publié dans Littérature

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Ethel 08/02/2011 15:15


J'aimerai connaître l'artiste de l'oeuvre qui est en couverture du roman Désert. Merci d'avance.


Antoine211 19/10/2008 23:24

Tu donnes très envie de le lire. On viendrait même à dire que tu as suivi des études pour ça !
Et tu as une bien jolie plume, je trouve.

Lou 21/10/2008 18:37


L'acte d'écriture est bien modeste, mais tant qu'on arrive à faire passer quelque message, on peut considérer que l'intention a porté...


Alexandra 16/10/2008 16:21

La première fois que je me suis plongée dans l'écriture de Le Clézio, c'était avec Le Chercheur d'Or. Magnifique livre qui raconte la recherche de soi, et du bonheur. Le Désert m'attend sur ma table de chevet. J'attends de pouvoir prendre le temps de le lire pleinement, pendant des heures.
Lou, grâce à ton article, peut-être que je vais m'y mettre plus tôt que prévu!

Méphistophélès 10/10/2008 04:02

C'est à travers un style d'écriture simple, mais riche en couleurs et en émotions que l'auteur a su faire passer dans son œuvre un message universel.
Il s'agit entre autres d'un amour pour la Vie et des mystères qu'elle recèle dans sa simplicité, et c'est par un retour aux sources tel que celui engagé par JMG Le Clézio, qu'il nous est à nouveau possible d'accéder à une certaine forme de paix intérieure, dans un monde brutal, sans foi ni lois...
La lecture de chaque ligne me fait avoir un élan de frissons : le voyage est bien là.
Le corps est ici mais l'esprit vagabonde au rythme des pas de la jeune Lalla.

JMG Le Clézio mérite bien son titre actuel, à mon avis.

françoise 09/10/2008 14:43

C'est une belle analyse pour un livre magnifique.
Le Clézio est aujourd'hui couronné du prix Nobel, c'est super.