Macbeth : le rouge et le noir

Publié le par Lou

Macbeth de Giuseppe Verdi à l'Auditorium de Dijon, mars 2008.
Opéra en quatre actes de 1847.



Dès les premières notes, on est saisi par la folie, plongé au coeur d'une tragédie qui nous apprend beaucoup sur la maladie du pouvoir. Macbeth veut être roi et son obsession relève de la pathologie. Pour accéder au pouvoir, il tue et son crime le hante.
Une atmosphère macabre du début à la fin avec la prééminence du noir dans les costumes et dans les décors. Quels décors ? Il n'y a pas de décors. Un fond noir et c'est tout. Une ronde de pics géométriques émergeant du sol, menaçants, de toute évidence symboliques à plus d'un niveau : images du fer, symboles du crime et brochettes de cadavres alignés représentant l'esprit des morts invoqués par les sorcières. De quoi frémir. Les costumes sont noirs, façon cuir médiéval, les têtes recouvertes de coiffes noires, les lèvres noires, les joues blanches, les yeux creux. Tout le monde est cadavérique. Un cauchemar.
Souvent le sang violente la scène en noir et blanc : la couleur n'apparaît que pour souiller les corps et faire éclater la menace. Le rouge est sur les mains, sur les cadavres, sur les armes, il salit et s'allie avec le noir et gicle sur les visages blafards, sur les peaux claires, sur les linges blancs, dans une effroyable esthétique gothique. Point de blancheur qui ne soit souillée par le sang ou noircie par la psychose. Les corps sont immobiles, comme des fantômes, les figures sont décomposées.
Le désir de pouvoir mène à l'obsession, l'obsession au crime, le crime au délire et le délire à la mort. Les yeux de Macbeth et de sa Lady ne brûlent que de la folie meurtrière et autodestructrice qui les habite.
C'est un cercle vicieux, une ronde infernale d'oracles et de prédictions où dansent ensemble les cadavres et les vivants, avec, pointant en eux, le fer ou la démence.

 


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