Anaïs Nin - Citations

Publié le par Lou

"[...] le mirage toujours loin de la réalité, cette réalité qui trompe le rêve, qui n'accomplit pas le souhait."
(Les Miroirs dans le jardin)

"Chaque fois qu'un sentiment la torturait ou l'exaltait, elle n'avait qu'à le planter devant la glace, le regarder attentivement et le détacher d'elle."
(Les Enfants de l'albatros)

"Cette façade avec toutes ses ouvertures éclairées [...] lui parut être exactement l'image d'elle-même, d'un être partagé en une multitude de petites cases. Les scènes qui se jouaient dans une pièce, puis dans l'autre, ressemblaient à ce qui se passe dans les compartiments de l'âme que la vie touche à tour de rôle, suivant les circonstances."
(Les Enfants de l'albatros)

"Or, quand on joue un rôle sous de mauvais prétextes, mû par des inquiétudes et des hantises plus que par un besoin profond, ce qui nous prouve qu'on joue vraiment la comédie et que ce rôle ne convient pas à notre vraie nature, c'est cette tension, cette crispation insupportable qu'on éprouve."
(Les Chambres du coeur)

"Elle s'y sentait comme dans le ventre de la terre, dans un lieu clos où la conscience ne pénètre pas pour promener son faisceau de lumière sur le tragique de toutes les insatisfactions. [...] Elle aimait le silence plus que tout. Le silence, où le corps, les sens, les instincts sont plus vifs, plus puissants, plus sensibles ; ont une vie plus capiteuse, plus enivrante, et ne se laissent plus transmuer en pensées, en paroles, en abstractions exquises, en cette mathématique du sentiment qui prend souvent la place des grandes éruptions volcaniques, des explosions de fièvre, de volupté et de désir."
(Les Chambres du coeur)

"Les écrivains ne vivent pas une seule vie, ils en vivent deux. D'abord ils vivent, puis ils écrivent ; c'est le "revenez-y", la réaction différée." (Journal I)

" Jamais je n'ai vu aussi nettement que ce soir que tenir mon journal est un vice. Je suis rentrée chez moi épuisée par de magnifiques discussions avec Henry au café ; j'étais euphorique en rentrant dans ma chambre, j'ai tiré les rideaux, jeté une bûche sous le feu, allumé une cigarette, tiré le journal de sa dernière cachette sous ma coiffeuse, l'ai jeté sur l'édredon de soie ivoire, et me suis préparée à me mettre au lit. J'avais le sentiment que c'est ainsi qu'un fumeur d'opium se prépare pour sa pipe d'opium. Car c'est le moment où je revis ma vie en termes de rêve, de mythe, comme une histoire sans fin." (Journal I)

"Ecrire, pour moi, c'est un monde agrandi, un monde sans limites qui contient tout." (Journal I)

"L'autre soir nous avons parlé de la littérature qui élimine l'accessoire pour nous donner une "dose" de vie concentrée. Je m'écriai, presque avec indignation : "C'est là le danger, elle vous prépare à vivre, et en même temps elle vous prépare des déceptions parce qu'elle vous donne une idée trop intense de la vie, laisse de côté les temps morts ou ennuyeux. Vous-même aussi, dans vos livres, vous décrivez sur un rythme accéléré des séries d'événements remplis de passion, au point que je supposais que votre vie était délirante, intoxiquée."
La littérature est une exagération, une dramatisation, et ceux qui s'en nourrissent (comme moi) courent le grand danger d'essayer de suivre un rythme impossible. D'essayer de vivre tous les jours des scènes à la Dostoïevski. Et il y a entre écrivains une recherche forcenée de l'extravagance. Nous nous incitons mutuellement à forcer notre rythme." (Journal I)

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